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"Discorama" le best of imaginaire de Bertrand Soulier, sortie le 25 mars 2008
bertrandsoulier
  • "Discorama"
  • independant
  • Abacaba
  • (France)

  • Style musical : Chanson
  • Dernière connexion : le 28-08-08 à 23:06

biographie

  • Qui ?
    Soulier, Bertrand.
    Sexe: Masculin.
    Signe particulier: Irrécupérable romantique, tendrement désespéré et plutôt doué pour faire croire qu'il n'est que branleur profane.

    Quoi ?
    Un garçon qui a consciencieusement tout fait pour ne pas être rattrapé par la musique. Et qui vient de perdre la partie.

    "Pavillons Sous Bois
    C'est chez moi, c'est chez toi...
    A la Toussaint, il y a le grand cimetière
    Dans le dépôt RATP
    J'écoute les voix et j'entends les prières
    Ici l'bon Dieu est syndiqué".

    Comment ?
    Longue histoire. Elle débute en Seine Saint Denis. Pavillons sous Bois donc...
    Une maison en face de celle des grands parents de Didier Golemanas. Dans le quartier... un autre eternel enfant: Laurent Voulzy. Petit, les parties de foot se jouent face aux futurs NTM. Ensuite les études, avec pas loin Claude M'Barali. Pas encore MC. Loin d'être Solaar.
    Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup pour n'être qu'un hasard ?
    Ajoutez à cela un insidieux rêve qui le poursuit depuis des décennies: un gymnase, une scène. Les Beatles. Ils jouent. L'invitent à monter. Face à lui la partition d' I'm Only Sleeping.... Ça s'invente ça ?
    Alors la musique bien sûr, il pratique. Bien d'ailleurs. A commencer par le piano classique, sa formation initiale. Mais pour la première partie de sa vie d'adulte, ce n'est pas de ce don là qu'il utilisera: Soulier a celui de la répartie, de la formule qui marque. Il est doué pour ça. Très. Alors... Fils de pub !
    De cette période, il gardera impressionné sur les plaques sensibles de son cerveau quelques cuites mémorables, quelques inimitiés inoxydables et quelques années bankables.

    Et alors ?
    Bah oui... Et alors....
    Les déclencheurs seront une fille, enfin, pas "une" fille... "LA" fille, celle du premier Grand Amour. Et... Bashung !
    La première sort de sa vie au moment où le second y fait irruption avec "Fantaisie militaire". Drôle de dichotomie
    "Madame Rêve" lorsque Bertrand commence à ressentir les premières atteintes du mal: dépression / révélation.
    Pendant un an, outre le fait qu'il se terre et vend les parts de sa boîte, il n'écoutera que ça. Allant jusqu'à posséder une demi-douzaine d'exemplaires du disque susnommé... Un pour chacun des endroits qu'il est supposé fréquenter. L'instituant ainsi bande son de sa mue. Une transition longue. Visqueuse. Douloureuse. Et salutaire !
    "Une poupée très jolie qu'les parents aiment bien aussi
    Une jarretière et un oui, la vie s'arrête aujourd'hui
    Ticket d'caisse, un landau, c'est trois marmots dans l'eau du bain
    Elle a pris 20 kilos, l'amour s'arrêtera demain
    Une lettre, un divorce, un coeur gravé dans l'écorce
    Papa Maman s'en vont. On est bien tout seul au fond"

    Et maintenant ?
    Maintenant, voici Discorama, album brillant qui devait initialement être la (fausse) compilation "1971-2017" d'un artiste n'ayant jamais existé mais dont toute ressemblance avec des génies "disque-d'orisés" ne serait pas complètement fortuite.
    Encore un concept. Histoire de se planquer une fois de plus derrière des gens a qui, sans le savoir, il n'a rien à envier. Surtout pas le talent. Et pourtant.
    Discorama est un album. Un vrai. Un album de chansons. Bien écrites. Bien composées. Bien chantées et bien produites par un garçon à la fois désespéré, touchant, brillant, sensible, imprévisible et parfois même... Insupportable.

    "Pour elle j'ai arrêté le mercure, le lithium et les disques durs (...)
    Comment prévoir que ton bonheur se trouvait au bras d'un robot mixeur ?
    Elle est partie avec un Daft Punk. Et moi, ca me fait de la peine.
    De la peine à la chaîne."

    Des histoires pimentées d'humour, d'un piano, de guitares, de cordes et de références, voulues, à ceux qui ont contribué à la bande son de ce plus que trentenaire : Gainsbourg, bien sûr, avec qui Bertrand a dîné, deux fois. Woody Allen, avec qui il n'a jamais dîné. Les Beatles, Jim Morrison, dont il est capable de parler des nuits entières. Sheller, Berger, Randy Newman. Bashung, bien sûr. Et plein d'autres. Mais surtout avec une empreinte. Unique, la sienne, celle d'un homme, construit de ses incertitudes, façonnée de ses envies. Dirigé à son corps défendant par un talent qu'il ne soupçonne qu'à peine. Un type obsédé par le temps qui passe. Triste à l'idée de savoir qu'il ne verra plus jamais une fille à poil pour la première fois et qui pense que le truc le plus rock and roll sur terre aujourd'hui... C'est de faire des enfants !

    Discorama est sans doute l'album d'une génération : la sienne.
    La mienne.
    Bertrand Soulier nous y propose son angle de vue: une forme d'esthétisme bâtie sur les antonymes : foutage de gueule / tendresse, provoc' / sensibilité, humour / mélancolie.

    "Bien sûr j'suis qu'une épave, entre deux nirvanas
    Bien sur je suis la lave qu'aucun démon n'éteindra
    J'ai les pieds dans le béton, la tête Alka Seltzer
    Mais quand j'chante une chanson, je suis qu'le fils de ma mère."

    Du bel ouvrage.

    Eric Jean-Jean

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Discorama "Epk Studio"
posté le 11-12-2007 à 17:34
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Note: 3.0/5 (114 votes)

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