nouvel album GÉEJ, en bac le 13 mars 2008

El hadj N'Diaye
Voici un chanteur « à textes », un conteur à « chants », pourrait-on dire. Dans le sillage de ces poètes, mémorialistes ou philosophes du quotidien, ce barde engagé, est une voix surgie, débordée, de son unique sujet: le réel. Ces « ballades » ne sont jamais que douces, elles piquent à un endroit. Leur sobriété est arrimée à une vigie, une voix intérieure implacable, un état d'alerte. Qu'il chante en français, en anglais (ou dans un japonais « wolofisé »), son laboratoire, c'est la rue, les petits métiers et l'invention de la vie au jour le jour. Sept ans après « Xel », le revoilà, avec la simplicité intacte de ses schémas guitaristiques, arpégés, verticaux. Il y a eu une dérive de la terre à l'eau, du local au monde, d'une banlieue de Dakar - le quartier de Thiaroye - à la mer : « géej ». C'est dans l'océan - rêve d'exil ou tombeau hostile, lieu de mémoire, de découvertes ou de perdition - qu'El Hadj va chercher des liens.
Cette légende-ci, c'est celle de jeunots qui foutent le camp sur des pirogues de fortune. C'est un navire, le « Jolaa », symbole du désenclavement de la Casamance, (qui permettait d'amener marchandises et hommes à Dakar, sans passer par la Gambie) qui va se perdre dans les flots, un jour de retour de vacances, avec pas moins de 2000 personnes à son bord. C'est ce « sopi » (changement) tant attendu qui n'arrive jamais, placardé sur les murs d'un pays qui a le mal de mer. Les positions d'El Hadj n'ont jamais été aussi claires: il pointe la corruption et les responsables sont nommés, quitte à faire des vagues.
Les voix de Thomas Sankara - celui qui disait « que cette dette nous perdrait », celle de l'artisan de l'ombre - aux visions trop novatrices pour son époque - Cheikh Anta Diop, l'accompagnent. Du fond du Carbone 14 - unique laboratoire de physique nucléaire existant en Afrique noire - poursuivant ses recherches dans une totale solitude intellectuelle, il est celui qui a su avant tous qu'il fallait utiliser le soleil comme énergie, assumer ses choix, et fustiger le carriérisme. Il inspire à El Hadj ces pépites de chansons crues et douces… Et ces attaques de velours, qui savent aussi capter les choses de l'amour et faire miroiter le feu sous l'eau.
Emmanuelle Honorin
El hadj N'Diaye
One might say that he is a singer of « texts », a teller of songs. In the wake of daily-life poets, memorialists and philosophers, this committed bard is a voice that emerges, boiling over, from its sole subject: reality. His are never just soft « ballads »: they sting in places. Their sobriety is bound to a sentinel, an implacable inner voice in a state of alert. Whether he sings in Wolof, French, English (or even « Wolofised » Japanese), he uses the street for a research lab, with its menial jobs and people inventing life day by day. Seven years after « Xel » he is back, his guitar schemes intact - simple, vertical, played in arpeggios. He has drifted from land to water, from the local to the global, from a suburb of Dakar - the district of Thiaroye - to the sea: « geej ». It is indeed in the ocean - whether as a dream of exile or a hostile grave - that El Hadj has sought bonds.
This story is about the young men who clear out on makeshift boats. It is about the Jolaa ferry, the symbol of the opening up of Casamance (transporting goods and people to and from Dakar without crossing Gambia), lost in the waters with some 2000 people on board. It is about the long-expected « sopi » (change) placarded on the walls of a country that feels seasick - the change which never comes. El Hadj's attitude is clearer than ever: he points to corruption, naming those responsible, however many waves it may make. Accompanying him are the voices of Thomas Sankara - the craftsman behind the scene, whose views were too innovative for his time, who always said: « if we pay (the debt) we will die » - and Cheikh Anta Diop. In the Carbon 14 laboratory - the only nuclear physics lab in black Africa - where he pursued his research in total intellectual solitude, he was the first to know about using the sun as energy. He stood by his choices and he fought against careerism. He now has inspired El Hadj with these jewels of song, both soft and raw, these velvety attacks that also capture the things of love, and reflect fire under water.
Les amis de el hadj n'diaye (7)
La Redac'
|
Le 13-03-08 à 16:25
très bonnes bonnes sonorités, une voix sublime... a quand les dates de concerts ? Courage et bonne continuation |
Gael
|
Le 13-03-08 à 16:18
Salut, c'est sympa cette musique. Ca donne envie de prendre son sac et de tracer la route. Bonne route et bonne continuation. Aquand le concert à Lyon? |
![]() Marinouze |
Le 25-07-07 à 17:13
Très jolie voix!! Et bonne musique.. Bravo! Plus d'extraits? ;-) |
Benjamin Bacon
|
Le 09-07-07 à 23:25
merci pour l'ajout |
Benjamin Bacon
|
Le 05-07-07 à 21:50
respect respect quel plaisir de tomber sur vous par hazard alors que je vous avez découvert ily a deja quelques années passez sur ma page écouter la musik d'un de vos admirateur au plaisir |
![]() deb |
Le 26-06-07 à 15:31
du son!du son! lol |
















