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www.isabellefranck.com
franckangel
  • "Franckangel"
  • Homme
  • 42 ans
  • Lyon (France)

  • Style musical : Chanson
  • Dernière connexion : le 22-06-08 à 19:51

description

  • Artiste-poète : L'auteur est né à Lyon.
    Sa décision d'adopter le pseudonyme d'Isabelle-Franck correspond à un choix d'exprimer la part de féminité qui est présent en lui et que le lecteur retrouvera dans une partie de ses poèmes.
    Il opte pour une production littéraire à la fois violente, sensuelle et déconcertante, à l'image des états d'âme exprimés par la sensibilité de son esprit poétique. S.B

    Isabelle-Franck : Né demain, mort hier soir, comme chaque soir et chaque jour

    Ecriture, Photographie

    Vous pouvez lire mes textes sur mon blog et d'autres encore sur www.isabellefranck.com

    A bientôt, à bientard

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Poésie : Mi-femme Mi-silence, La première ouverture

C'EST ELLE

 

 

 

J'écoute le silence tombé sur le sable, c'est une douceur à mes mains,

elles s'enfoncent aux creux des vagues.

Une sirène m'appelle d'une esquisse, m'inonde sans cesse de pleurs inachevés.

Silence d'écume amère et sucrée, c'est dans ses fonds que le vent s'étouffe

qu'importe ce que j'emporterai, il n'est rien qui ne se lâche.

Je partirai aussi dans ses yeux qui me chavirent dans des bras d'iris.

Elle sait me parler quand je dors.

Absence de verbe, émotion, fibre vivante, je la touche, elle m'entouche et m'aime.

Mais elle me parle encore, de son impatience, prière si tendre, de me voir encore, là et maintenant.

Mon âme isolée la voit, ciel montre-moi le chemin qu'elle m'ouvre.

Son chant lumière, étoffe mes ailes, déploie si haut sa gorge pour mon envol.

Elle ne veut plus attendre, me rit si fort, me crie son nom,

me dit qu'elle arrive, de ne plus pleurer, elle est là à ma porte.

J'ai déjà sa main dans la mienne, juste attendre qu'elle se lève, debout,

et par son corps me relève, collé contre elle.

"Je viens, je suis là, juste devant toi" finit-elle de me songer, avant de rajouter

"Et quels que soient tes détours, j'accrocherai ton épaule, tu me verras.

Sais-tu qui je suis, je suis celle qui t'as promis,

celle que tu attends depuis quelques siècles,

- mais il reste l'éternité de nous deux et l'éternité d'un enfant -,

la femme douce, cheveux soleil, longue et fine,

j'appartiens au firmament tout comme toi, je suis déjà à côté de toi

et partageons déjà la vie de lumière que nous sommes.

Vis maintenant, qu'importe où tu vas, c'est là que je me trouve et t'attends.

Ce ne sont plus des années mais des moments qui nous séparent l'un de l'autre,

parle-moi encore dans tes rêves, j'aime t'y rencontrer,

avant, que bientôt, sur terre aussi je puisse t'aimer.

Mon ventre, mes seins, ma main pour toi, ton corps, ton cœur, ton sang pour moi,

mais il faut que je dorme un peu, la soirée a été longue,

reviens-moi vite, je m'efface, m'endors, je t'aime ma vie lumière."

 

 

VIENS

 

Viens, rejoins-moi dans mes rêves,

je suis seul dans cette maison en peine,

viens étendre ta tendresse contre mon corps,

laisser ta peau nue épouser mon parfum,

allumer la chandelle de ma vie éteinte du nous,

aucune nourriture terrestre ne remplit ce vide,

que le vent de mes larmes t’emmène jusqu’à mes yeux

dans une toilette transparente aux couleurs de ta chair,

que les oracles fassent que je goutte la saveur de ta langue

au cœur de ta bouche ouverte sur mes lèvres mouillées,

viens me suspendre dans tes longues ailes aimantes

pour envoler mes sentiments dans la passion des tiens,

m’emprisonner dans la liberté de ton ventre collé à moi,

endormir ton souffle dans mon cou, ton front sur ma joue.

C’est être malheureux, tu sais, que de ne pas t’exister,

la violence de mon chagrin t’appelle sans faiblir,

entre nous il y a le temps maudit que je ne peux dépasser,

sonne à ma porte, là, maintenant, au froid de cette nuit

apparais-moi telle une fée dans la magie d’un voile de brume,

mais je devine déjà le désespoir qui me guette après ce cri

déchirant tout mon être en une myriade d’étoiles mortes,

voilà, je pleure en silence au milieu d’une prière vaine,

viens m’emporter au loin dans tes secrets amoureux,

fondre ta main dans la mienne encore éveillée à l’amour,

encercler mes doigts vierges pour ne plus jamais les lâcher,

viens me parler à l’oreille des émotions câlines et coquines,

me sourire des phrases d’éternité, le verbe aimer, le mot encore,

viens guérir la plaie de ton absence, par tes infinies caresses

viens, amour, absorber mon être tout entier dans ton âme,

avant le trop tard.

 

 

LAISSEZ-MOI PARTIR

 

Je ne veux mourir à vivre dans votre ville

vos jours fardés de la blanche vertu fade et vénéneuse

gangrenée de vos ricanements docilisants.

J’irai pas prier pour vous, fermez les églises puantes de vos

saintes paroles grotesques.

Laissez-moi partir, ne déchirez pas ma peau.

Très loin de vos os je préfère me perdre dans les eaux

tourmentées des quêtes incessantes de l’amour.

Fermez vos carreaux sales sur vos salles à manger

j’ai jeté ma serviette aux pieds de toutes vos portes.

Laissez-moi partir ou je pourrirai entre vos doigts.

Je m’enfuis avec les cloportes, les chemins broussailleux,

et le criquet magicien et grand prêtre de la prairie.

Je m’entraîne sur les pas de mes rêves, aux couleurs de la

chair rose, à la saveur des baisers des bouches nues.

Laissez-moi partir et encore.

Laissez-moi partir au feu des sentiers, au sourire des pas perdus,

sur la poitrine ouverte des femmes sensuelles et m’agenouiller

entre leurs cuisses amoureuses.

Vous ne rattraperez ni mon cœur trop loin de vous,

ni mon âme incandescente qui brûlerait vos yeux.

Lâchez ma main, il faut maintenant que je m’en aille

bien loin, plus loin, près de moi.

 

 

MON ENFANT

 

Une jeune enfant est morte cette nuit,

nul ne le sait, seul mon chagrin l’accompagne

le rouge glisse sur ses petites joues roses

mes larmes déchirent des mots tendres

elles savent que jamais plus ses yeux ne pourront pleurer

je ne parle pas trop fort pour ne pas endormir l’obscurité

mon cœur ne saurait voir son visage clos dans la lumière

partez tous, elle ne connaît que mon amour, abandonnée de vous

son berceau, demeure funèbre, perce ma poitrine de son sabre

les chandelles me montrent encore son petit corps mignon

mes cris la prient, ses oreilles restent fermées, sourdes à ma supplique

je m’aveugle, elle ne reviendra pas dans un sursaut de rires

pour accoster ma souffrance et la chavirer dans le trépas.

Tout a disparu autour de moi, il n’y a plus qu’elle, son souvenir,

notre histoire, déjà perdue, le trop tard se lève, le plus jamais s’enracine

mes pensées affolées, ma respiration qui ne s’accroche qu’au néant

infernal et sans pitié, il se dresse et fait fi de tout espoir de retour,

ne se ferait-il pas que pour une fois le présent puisse s’écarter

laisser la place au passé merveilleux, aux jours d’antan où sa vie fut

mais elle est loin, dans un autre paysage peut-être, près de Dieu ou d’un autre

devrais-je croire pour que l’éternité lui soit promise ? L’incertitude est ma folie

il ne sera donc pas de mains pour épancher en amour la vie de celle qui reste,

alors dans mon tourment j’abandonne mes forces au ciel et à la terre entière,

au profond de mon moi, chaque jour je vais m’engrosser de cette absence,

accouchant chaque nuit de sa douleur, et puisse-t-il y avoir une âme

pour celle qui est partie, mon enfant tant aimée.

 

 

VOYAGE PASSIONNEL

 

Essuyer des caresses sur le ventre féminin.

Savant voyage sur le sentier sensuel,

il vous délivre un regain voluptueux.

L’oiseau blanc coule sa chaleur liquide.

Pileux duvet brun humide et amer

frotte son parfum contre les papilles alléchées.

Ouvrir le corps à demi-mot,

l’épancher en cambrures et torsions divines.

Les eaux torrentielles foudroyantes sur l’oubli,

déversent les sens émus sous le pont du temps.

La main du désir déshabille la peau pour la traverser,

L’esprit des yeux divague, s’enfuit au ciel secret.

Royaume enchanté, le plaisir hisse son drapeau,

le pont-levis abaissé pour l’assaut chevaleresque.

Le jour met au monde la nuit éclairée, flamboyante,

Les hêtres en feu, leurs braises encensent l’ultime frisson.

Recouvrir l’impensable n’est pas de mise à cet endroit,

la découverte s’abandonne à poursuivre la route d’écumes.

Les cris du silence font rage et tempête, et gonflent la grande voile,

le navire charnel à l’abordage de l’horizon épidermique à fleur de peau.

Les vagues de la nudité déferlent sur l’océan de tout les orgasmes.

 

 

MOURIR LA VIE MORTE

 

J’étouffe sous le poids du bonheur ridicule des passants morts par eux-mêmes,

qu’importe leur silence, je les indifférence en rage de toutes mes forces,

je n’étreindrai ni leur vide ni leur absence,

je n’ai que faire de leur blanche et fade ignominie,

que le sang des rêves balaie leur image saugrenue de ma mémoire,

la pesanteur inodore de leur vie ne tient qu’au fil

d’un futur qui ne peut être que morbide à souhait.

Je garde secrets tous mes élans, c’est sur des talons aiguilles

chaussés au bout de grandes jambes que je repars rêver,
une main posée sur le pubis légèrement épilé d’un vagin attendri.

 

 

JE T’AIME

 

Coucher avec une inconnue est un agréable coupable frisson

et faire l’amour avec sa femme une apaisante jouissance

mais baiser avec celle qu’on aime est le délice d’un orgasme,

et quand cet aveu s’embrasera jusqu’aux pieds de mon aimée, destinée,

réclamant à son tour cette envie de déchirer l’hymen de la raison morte,

d’être un désir d’harmonie dans l’union d’un infini pur amour angélique,

que dans la folie amoureuse les lumières des nuits veilleront sur nous,

que le passionnel portera le crépuscule pour ne jamais tomber,

décoiffant les draps de notre lit, arrachant les oreillers des ébats sages,

nos corps écorcés, par nos ongles aiguisés plantés sous la peau,

ne seront que brûlures, griffés, tordus et tendus dans un plaisir surréaliste,

ses cheveux noués au miens, la morsure de ses dents sur ma bouche,

nos transpirations se confondant, l’odeur de nos sécrétions ne faisant

qu’un parfum de notre excitation au goût de sexes inondés et fermes,

alors immobilisant le temps au fond de ses yeux suppliant l’apothéose,

mon sperme pourra écrire, avec toutes les larmes de mon âme fragile,

au fond de son vagin aimant, l’éternité d’un je t’aime.

 

 

LA FONTAINE

 

Assise sur son petit muret aux pensées tristes,
l’âme rêveuse, les pieds nus sur l’herbe mouillée,

ses gouttelettes rebondissent sur mon ombrelle,

mes yeux traversent son jet d’eau flamboyant,

dévorent le soleil qui s’y consume, s’y noie,

je ris avec cette rivière enchantée de pierres et de mousses,

des ronds répondent au petit caillou tombé de ma main,

les moineaux s’envolent et s’éparpillent autour de moi,

la ballade d’un lézard donne son mouvement aux brindilles.

Ensorceleuse ! Mes pas s’enfuient dans ton bassin innocent,

ma robe retroussée aux genoux pour mieux te suivre,

ce décor de déesses est l’horizon, je m’abandonne,

ciel, que le monde est loin, la bienheureuse que je suis,

une histoire se mêle au bout de mes doigts, je m’amuse avec,

c’est l’espoir qui vient pleurer, jouer avec mon désir, je m’allonge

j’ouvre mes jambes, lentement elles s’écartent, mes reins se creusent,

et le silence laisse couler un parfum de terre humide, de chaleur liquide,

de deux pétales ouvrant leurs ailes, puis au cœur de cette senteur

l’éclosion du vacarme d’un orgasme et enfin mon cri gémissant,

mon aspiration calme, en ton amoureuse compagnie je m’endors,
ton souvenir présent pour ne pas réveiller le chagrin entier.

 

 

MATINS FROISSES

 

Dans les matins froissés de l’aube

c’est un rossignol qui voyage.

Une tartine plonge au fond du bol,

que vous m’êtes loin mon amie.

Ces voyages m’éreintent,

je n’ai plus de temps.

La mort se colle aux vitres salies de paysages matinaux.

A quoi bon suivre une vie sans échelle et aux eaux froides.

La mémoire des noyés se frotte aux regrets et amertumes,

perpétuelle gesticulation qui jamais n’en finit de couler

au-dessus des flots.

Le temps est blanc et fade.

Les ombres perdues s’agglutinent en file indienne

sur le bord des trottoirs.

Rues mortes et désertes.

Maisons désaffectées et désinfectées de toute humanité désolée.

C’est le miroir pendu et le cliquetis de son horloge qui passe le jour.

La femme au berceau fait son marché, recueille les larmes

des blessés et des veuves.

J’absorbe l’absence, que son liquide soit mon sang et ma chair.

J’apprivoise l’oubli,

oublier que j’écris, oublier que je vis,

flammèche au teint si amorphe et fragile.

Me voilà qui descends l’escalier de l’estrade, les draps

de mon tombeau viennent me materner encore une fois.

Souvenir de vos mains qui me lancent vos yeux.

Moi aussi j’aimerais bien être un noyé,
j’aimerais naître dans vos bras.

 

 

PETIT MATIN PLEURE

 

Pas de bras aimants autour de mon cou

juste un sablier aux grains qui guillotinent les jours

les cendres de la cheminée inexistante sont mortes.

Aux côtés du petit matin froid qui se lève pas de petit corps

chaud encore endormi pour s’allonger tout contre lui, contre sa chaleur,

juste une place vide, aussi vide que l’horizon d’un prochain soir.

L’absence du sourire des murmures souligne davantage

le souvenir des lèvres d’une promise pas encore venue.

Avoir l’oreille mordue jusqu’au sang de paroles passionnées

pour le petit déjeuner, rire aux éclats, alors se recoucher et s’aimer.

Mais voilà l’aube et rien qu’elle encore une fois, incessante avec sa chanson :

" Viens viens te perdre jusqu’à mon soir

Viens mourir devant mon jour
Et désespère car tu revivras avec moi dès demain ".

 

 

INDIVIDU

 

Ils ne savent même pas pleurer leurs larmes

ils rient d'illusoires joies, paravent du vide

ils n'aiment pas, ils miment les leçons des anonymes,

ils ne parlent pas, ils échangent les cris des échos répétés

appauvris de tous, il n'est qu'errance dans leur vie vide

ils n'ont pas de sens, ils avancent sur place, agitant tous leurs membres

Il pleut sur leurs têtes du charbon, poudre de leur ignorance

ils ne font pas l'amour, ils jonglent avec leur osselets de moribonds,

leurs mains muettes et sourdes s'écrasent sur la chair morte

déambulant dans cette ridicule raison, les pas de leur mort viennent sans bruit
le rideau se lève sur leur fin, enfin ils voient.

 

 

SON CORPS

 

Je voudrais tellement qu'elle me laisse honorer sa couche

jusque dans les entrailles profondes de la chair de son âme,

avec violence j'y planterai ma lumière, je sèmerai la tempête de tous les ébats,

peurs froides, les perles de sueurs feront trembler ses veines,

je lui chuchoterai les cris de son plaisir pour lever son corps en sursaut,

ses ongles déchireront l'espace, et je les enfoncerai dans son cœur,

sa gorge asphyxiée par ma morsure assoiffée de sa bouche ouverte,

je lui prendrai mon aspiration et lui laisserai son expiration.

Quand elle croira tomber, je relèverai la perversité d'une belle imagination

pour la replonger dans le délire de ses courbes tourbillonnantes.

A fleur de peau, à fleur de sang je pousserai ses tremblements dans les

abysses de son épiderme.

De mes lèvres, des paroles toutes autres que chastes, dévoileront sans honte ses envies cachées

que même ses tempes ne pourront désavouer, que sa mémoire ne saura plus taire.

Et si je crois faiblir, les lèvres grandes ouvertes de son ventre viendront s'arracher

sur ma bouche pour m'accoucher en elle, et de nouveau plus fort, je répondrai à son appel

pour que son désir liquide inonde cette bouche chaude,

sans rougir, toute en beauté pure, au fond de ses yeux je verrai sa jouissance pleurer,

crier quelle ne veut pas couler maintenant, qu'on ne l'oublie pas en suspens

Alors la chair ouverte et brûlante, elle suppliera, dans le désespoir du désir,

son orgasme de déchirer son corps, de rentrer en elle sa sueur

et comme une prière, que je vienne boire, sur elle,

toute sa sève.

Dans ce vacarme, hallucinée d'une conscience toute en éveil

elle jouira de cet orgasme quelle portera de toutes ses forces au bout de ses doigts.

Jambes flottantes, le cœur apaisé, ses yeux souriront, sa main sur mon front,

toute en pudeur elle m'invitera à honorer sa couche de mon sommeil, pour que son amour

veille sur moi, et pour que ce souvenir lui ose une fièvre encore plus inavouable
mais si belle et infinie qu'à mon oreille, cette demande elle osera.

 

 

 

J’ATTENDS

 

Je ne crains pas le grain de la pluie des idées sombres

j’attends, avec le calme d’un pendu, d’être aimé

j’attends, le regard plongé dans ce lendemain qui se fera jour,

la silhouette allongée qui viendra me peindre de ses émois,

me prendre, me mourir, me suspendre à son cou,

mettre sa beauté dans ma salle de bain,

mettre son parfum sur ma peau,

mettre sa peau sur ma respiration,

mettre sa toilette à mes souhaits, sa garde-robe à mes yeux

couleurs du bois de son armoire.

Et son visage ? Comment sera son visage, sa voix, son corps, ses seins, ses fesses ?

Alors,

moi,

j’attends.

 

 

ABANDON

 

Je baisse les armes,

pardonnez-moi,

j’ai outragé le cœur des jupons.

Que les larmes encore vivantes fleurissent,

rythment mon corps de quelques pulsations.

Se suicider dans les baisers et ne jamais se réveiller,

rester ivre et inconscient sous l’emprise d’une bouche

aux lèvres qui vous aiment.

Je vais piétiner ma tombe jusqu’aux pieds de votre amour,

parlez-moi encore de votre parfum qui pleurait sur mon épaule.

Je tuerai la mort au-dessus des mondes noirs et ténébreux.

Je me confonds dans la respiration de l’ange qui sait

ouvrir ses bras dans l’infini.

Je porte la vie-orage en dehors des limites de mes sens.

J’aime l’inexplicable d’un amour inexpliqué,

je le sais, le touche de mon sang, ma chair, mes os,

je le crie dans la lumière de ma propre mort,

j’en suis si vivant que j’en meurs.

 

 

LA PLUIE FAITE

 

J’attendrai la pluie pour remonter nue la montagne

je suis devenue femme durant mes voyages avec un sac au dos,

plus rien n’est pareil, tous mes regards se sont féminisés,

oubliés les pardessus, trois dentelles blanches échancrent mes hanches,

le panier d’osier cueille des épis de blé dans les champs,

sous mes cils une bouche aux lèvres rouge à lèvres sourit et s’ouvre,

douceur tendre des mouvements faits à cloche-pied,

le geste élégant à des gants soyeux du petit matin,

fontaine des délices qui se miroir dans mon reflet poudré,

le tissu de la jupe glisse et s’envole entre mes cuisses,

la taille basse aux reins creusés d’une cambrure chevaline,

les fesses rondes flottent avec fermeté et claquent sous leur démarche,

sur la table de chevet, la chandelle des ombres de mon corps,

les parfums nuageux dessinent les lueurs de ma peau.

Voyez ô orageuses invisibles comme je suis belle et nue,

quelle belle nuit-femme en cette ronde journée.

La semelle des talons aiguilles s’incruste sous la plante des pieds,

la lanière épouse agréablement le mollet suave effleuré par le revers d’un jupon,

la pluie éclabousse mes petits orteils sur le chemin,

les chevilles enrosées des gouttes de la rosée qui coule de mes jambes,

corsage dégrafé, un sein à la chair rose, la poitrine sous le vent bleu

soulevant ses tétons pointus, une bretelle tombée de l’épaule,

les mains sur les hanches courbes et le cœur haletant et enflammé, je pars.

 

 

LA GRAND PLACE DES YEUX FERMES SUR TROIS CŒURS AIMANTS

 

C’était une nuit étrange, il pleuvait.

Trois sorcières sur le bûcher brûlaient,

sans pleur, trois sourires s’envolaient.

Le monde était silencieux,

stupéfait, non par ce drame mais par la beauté

impure de leur cœur.

Il ne faisait plus froid,

la nuit tombait sur les corbeaux.

Elles étaient heureuses, leurs yeux répandaient l’amour.

Et c’est la foule qui souffrait demandant leur pardon.

Savez-vous comme elles vous ont aimé,

vous leurs enfants perdus, consolant vos chagrins.

Et le vent emportera leurs cendres pour faire naître

une forêt bienveillante aux arbres gigantesques

dont chaque bûche coupée brûlant dans votre cheminée

illuminera d’amour toute votre chaumière et votre famille.

La foule, tête basse cachée par leurs mains honteuses, se signe et prie.

Une femme sourit, remet sa capuche pour abriter ses cheveux,

déjà trempés, de la fine pluie d’eau et de cendre,

elle sourit apaisée se retourne puis s’en va.

Elle sait.

 

 

ABNEGATION

 

Il y a des peurs étreintes sous le drapeau du désarroi

perdu là où l’on ne sait pas, appauvri de tous ces ciels aux longs cils

sache faire grâce à l’attente soumise dans le désert aux parois glaciales

passer sous un train aux rails rongés par l’abîme tristesse

la peau tombe en miettes sur le parterre du cimetière.

Disparus sous les arches des porches des villes de pierres

chacun ne sait-il pas que les jardins noirs aux robes courtes

et légères ne sont que des mirages fondus dans les rues,

ces divines toisons laissent derrière elles s’évaporer un parfum d’encens.

Sur le parchemin vierge de la vie les pas errent en l’air dans

les typhons des pourquoi monstrueux et désespérés

cela n’est rien que le cauchemar qui se promène avec ses ailes

plongeant sa proie désarmée de son bonheur dans le cloître

des rêves non annoncés.

Les regards clos suicident aveuglément un cœur aux mains

jetées en perdition aux passions inassouvies.

L’abattoir des tendresses refusées est tout autour, il n’est qu’alentour.

Les pensées sont mortes dans la paille coupée par la grand faux

du chagrin de l’amour non vécu à temps.

Bûchers enflammés souffrez que la pluie d’un crachat d’espoir

ne vienne vous étreindre et vous taire.

 

 

TOUT EST TOMBE

 

Tout est tombé

le temps assassin empoisonne de ses jours nos veines creuses

mon existence abandonnée de la vie a posé son parapluie

les bijoux sont ternes sur les corps nus

et pourtant les cliquetis des pieds aux talons d’aiguilles

baisent encore les pavés glissants.

La rivière a suspendu son vol

l’esprit en apesanteur je ne m’accroche plus au vide

le vide est tombé, il a jeté sa robe de flanelle au feu

voilà que les larmes de la nuit crient tous les jours

il n’est pas de place pour moi et le serpent se mord la queue

les valises sont déjà défaites de leurs envies et de leurs désirs.

Les catacombes du sous-sol seules ruines du grenier

étoilé des non-poussières toiles d’araignées, sont tombées.

Les mouettes aussi sont tombées

ne plus marcher, juste se couvrir d’une épaisse couverture

de neige aux feuilles brunes de l’arbre

nouer ses cheveux en pluie tressée jusqu’à la prochaine aube

tout est tombé ce soir, ce jour, là.

Il faut encore assassiner le temps criminel pour réveiller le rêve

tout est tombé et mes forces sont lasses, l’effort est las de tomber

le cœur est tombé à genoux sous le chagrin gravé sur mon

sein de l’inoubliable pas encore rencontrée.

tout est tombé en faim.

 

 

LES PASSANTES

 

Folle course effrénée après une poitrine ronde qui se balance,

après des jambes qui font claquer leurs cuisses et s’amusent

parfois à faire des clins d’œil sous une jupe virevoltante,

après une main tordue sur un sac à main dont la lanière

écoute délicieusement le grain d’une épaule dénudée.

Désespérés, leurs pas s’enfuient sous le miroir du soleil.

L’élan du regard retient par sa fine taille la sujette

qui colorie le temps de tant de parfums et de bijoux.

Le mystère est bien gardé mais déjà les mains caressent

la douceur et la forme de leurs fesses d’une ombre effleurante

et pénétrant entre le tissu de Nylon et leur chair de nacre.

Boire dans leurs mains l’eau de leur source qu’elles feront couler

en pluie sur mon visage ruisselant de lumière.

Source de leur beauté nue et vierge.

Impossible voyage au tréfonds de leur cœur,

la course s’apitoie à mourir dans leurs bras tournés vers des ailleurs triomphants.

Laisser passer les passantes insouciantes qui ne voient pas l’orage,

la tempête de l’amour courir vers elles, recouvrir leurs corps,

envahir leur cœur, les nourrir de baisers éperdus

éperdument amoureux de leur féminité.
Courir jusqu’à ce qu’une voix appelle mon nom et m’évanouisse.

 

 

MON AMANTE

 

Coucher son ventre sur le corps de la beauté morte d’une femme

éternelle grandeur raffinée oubliée du mausolée masculin

lourd trop lourd de cendres et de charbons blafards

ouvrir son portemanteau, se suspendre à sa robe

soyeuse, câline, à l’orchidée suave juteuse et gourmande

en désirs qui déchirent les glaces du temps, les aurores

diaphanes, les sanctuaires de la perversité douce et cruelle

dans le regard pour qui ne saurait se taire et s’agenouiller

devant la déesse de l’infinie merveilleuse

prière assise entre ses cuisses déversant son sourire, se désaltérer

de ce torrent fraîcheur chaude et gluante sous sa broussaille bouclée

d’or et de satin de perle de collier, d’une bouche

amoureuse courtisane de toutes mes amours rêvées, crevées au bas

des chevilles au bracelet alliance dans l’éternel à mes doigts

les ongles de sa peau transpirent ses larmes de sang dans mes

yeux, téter ce lait nourrisseur de sa poitrine aimante

achevant mon maquillage de mascara et de dentelles,

dans la lumière feutrée de sa coiffeuse romantique,

de la pointe de mes cils jusqu’au bout de mes pieds.

C’est dans le cœur de l’amante déguisée des nuits prochaines, d’un

jour naissant que je m’endors.

C’est dans le corps de l’amante initiatrice à l’amour de l’âme

que je m’abandonne.

A toi mon amante disparue dans mon destin encore si loin,
couchée dans ma vie et mes desseins, j’épouse tes lèvres.

 

 

AVEC ELLE

 

 

 

Avec elle j’irai vivre en enfer et mourir au paradis,

elle est mon indispensable, la source unique,

je suis son inexplicable et insupportable absence,

elle est le tourment de mon silence et la solitude

de mon espoir sans le reflet de son visage,

je suis sa désespérance d’être trop loin de mon pouls,

j’irai porter le corps dans l’infini de ses sens

sous la violence des orages de chairs transpirantes,

avec elle nous nous aimerons dans le mélange sensuel de

nos étreintes, dans la délicatesse et la force de nos sexes

s’embrassant au milieu des mille figures de nos corps,

elle sera la seule bouche que mes lèvres baiseront,

elle sera mon vagin offert à moi seul, puits de tous mes vœux,

coffret au bijou unique rose et tendu, sa salive épousant ma langue,

avec elle la pluie sera soleil sous les flocons d’une neige

de pleine lune d’été au ciel étoilé dans une lueur bleue,

elle sera la nuit d’entre toutes les femmes, et le jour

éperdument noyé dans le dernier chagrin triste,

avec elle les tempêtes de mon cœur s’échoueront

sur les épaves transcendantes de mes souvenirs charnus,

avec elle mes genoux à terre je crucifierai le tombeau

des ténèbres déchirantes aux ombres si noires,

avec elle dans les volants de sa robe j’ouvrirai les

fenêtres de sa vie sur un horizon passionnel de nous,

je l’emmènerai dans les lumières saintes, là où

la lumière n’est que femme,

avec elle je partirai loin dans ses mains, parmi ses rires

et ses larmes amoureuses sous le bonheur,

je devinerai toutes ses envies avant même qu’elles ne la brûlent,

elle sera le sommeil de mon âme qui veillera, dans la passion

de ses draps blancs, sur ses rêves apaisés jusqu’à l’aube,

Avec elle je crierai sur le temps, nous volerons au-dessus

de tous les mondes, un panier de fruits rouges à la main,

d’elle je vivrai son cristal et son absolu, sa beauté et son amour

avec elle je serai le cristal absolu enchristé dans les entrailles

de son éternelle au centre de son cœur,

elle sera les seins dressés sous mes caresses, les seins gonflés

de lait tendresse pour un enfant,

avec elle tous mes pleurs se pendront au parfum de son cou,

elle sera mon monde et je serai sa terre pour sa soif et sa faim,

elle sera l’église, aux yeux de vitrail, de toutes mes prières,

immortelle des immortelles, dans sa naissance, je déposerai l’oubli

de toutes les fois et de toutes les craintes froides,

je serai son immortel qui donnerait sa vie juste pour qu’elle vive

dans toute la pureté de la beauté infranchissable de son âme,

avec elle j’existerai pour elle et son bonheur que je sois à ses côtés,

avec elle je parlerai au silence pour que tous les mots,

à son oreille, ne soient que la voix de notre amour,

avec elle nous serons le royaume du verbe aimer

et nous en serons ses seuls sujets,

elle sera la jouissance vierge immaculée de chaque souffle

sur toutes les heures disparues dans ses bras serrés,

elle sera la forteresse au sommet imprenable, toit de mon cœur,

l’immensité nue accrochée à mon corps, écoulée dans mes veines,

et si parfois mon regard la perd, c’est qu’elle sera cachée dans ma chair,

à me baiser de frissons pour me faire naître et renaître au demain,

avec elle l’amour ne sera qu’elle et je deviendrai elle, elle sera moi,

avec elle et rien d’autre qu’elle j’arrêterai de mourir,

nous serons cet amour, l’amour absolu.

Ecrit le 28-03-2007 à 18:55

Les amis de Isabelle-Franck (2)


 

Les commentaires de ses amis (1)


Soph Jolis textes ! Le 12-04-07 à 16:30
Bravo
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