Fustier n'est finalement qu'un sale gosse, buté et insatisfait. Mais doué - ce qui rend les choses supportables - et qui aussi, par voie de conséquence, explique qu'il n'a jamais voulu choisir entre divers talents. Voilà un type qui aurait pu être sans effort un romancier prisé ou un aimable pamphlétaire et faire se pâmer régulièrement le tout Saint Germain. Voilà un type, taillé pour un journalisme aux formules habiles, qui aurait pu devenir la plume redoutée d'un hebdo de fin de semaine. Sauf que dans le même temps Fustier voulait aussi faire son Iggy Pop, son Ray Davies ou même, pourquoi pas, son Serge Gainsbourg. C'est que, depuis toujours, ce qui obsède Fustier ce sont les fulgurances, les mises en abîme et les émotions simples organisées en trois minutes et demi autour d'un thème. Bref, les chansons. A l'écoute de « Comme des chiens », de « Ces derniers temps », de
« L'école de la rue »
ou de « Aucun sens », on comprend en un éclair que Jean-Marc Fustier a bien fait d'être resté depuis toujours un sale gosse, buté et insatisfait. Une voix, un style et une détermination palpables dès les intros, un singer/songwriter est indubitablement né. La classe et le goût, c'est en plus.
Batteur à 8 ans, rock-critique pour Radio France Vaucluse à 16, animateur pour les Restos du Coeur à 18, marchand de pèches puis gardien d'usine à 23, étudiant en Lettres à 27, agrégé de Lettres à 30. Poète pour séduire, journaliste pour manger, Jean-Marc Fustier devient parolier pour les autres et par hasard en 2001. Un an plus tard, il s'achète une guitare, s'enferme dans sa chambre et commence à composer. En juin 2003, il sort de son laboratoire avec une dizaine de chansons. Aujourdhui, son répertoire en contient plus de quarante Envoyées par hasard chez Night & Day, ses maquettes atterrissent sur le bureau de Philippe Rodi. Enthousiasmé, ce dernier le fait écouter à Gérard Michel, de Garance Productions, qui prend Jean-Marc sous son aile protectrice et lui fait rencontrer quelques musiciens pour préparer la scène S'ensuit une série de concerts dans plusieurs salles parisiennes, notamment au GlazArt, à l'OPA et au Réservoir. Aujourdhui, Jean-Marc vogue en indépendant. Il est entré en studio en février 2006 pour enregistrer son premier album (terminé en avril 2006), entouré de : Steve Prestage à la console (Peter Gabriel, Gérald De Palmas, etc.), Sébastien Chouard à la guitare (Gérald De Palmas), Pierre Payan à l'accordéon (La Tordue), Fabrice Lacroix à la batterie (Domb, Alexis HK), Raphaelle Murer au Violoncelle (La Blanche).